Daniel Reguer - Maître de conférence à l'Uniersité du Havre (Président de l'ADRESS de 2005 à 2007)
Date : septembre 2006
Description du parcours professionnel et investissement associatif
Formation : formation en mécanique, BTS de comptabilité, DUT Carrières Sociales, maîtrise de sciences de l'éducation, en formation continue : l'ADSP (l'Agence pour le développement des services de proximité) avec Bernard Eme et Jean louis Laville.
Fonctions occupées : animateur en gérontologie (18 ans sur le terrain), adjoint à l'action sociale d'une importante caisse de retraite, coordonnateur d'un secteur gérontologique, délégation au CNRS, Maître de conférence à l'université du Havre, responsable du diplôme LPIS
Investissement associatif : Président de l'A.D.R.ESS de 2005 à 2007, responsable de la section vitesse d'une association sportive,« Viellir c'est vivre », Association Chemin des auteurs.
La gestion du projet social, c'est pour moi une vieille histoire. Animateur en gérontologie, je m'aperçois qu'à côté de l'action de l'animateur, un vrai pouvoir existe dans la gestion des institutions.
Je m'interroge sur le maintien à domicile des personnes âgées et la volonté des politiques publiques. Je découvre alors la possibilité, en agissant sur et dans les organisations, de produire des réalités fort différentes pour les personnes âgées ( cf 5-illustration de l'économie sociale et solidaire)
Comment êtes vous devenu universitaire? Par chance, un directeur de thèse s'est intéressé à ma démarche. Et alors, actuellement?A l'université du Havre, j'ai développé la formation à l'économique dans le cadre de la LPIS pour les étudiants issus du domaine du travail social, DUT Gestion, Techniques de commercialisations.
Souhait de développement pour l'Economie Sociale et Solidaire, les habitants de la Haute-Normandie
Je vois deux axes d'interventions :
Les pratiques sociales et le mode d'organisation sont liés : l'inscription dans les statuts de la limite des mandats dans le temps par exemple (comme nous l'avons fait en juin dernier à l'agence).
Quels sont les projets ou causes qui vous tiennent à coeur et que vous souhaitez défendre ?
Tous le monde prône le maintien à domicile (domicile dont 75% de la population est propriétaire) mais en passant du domicile au placement, les personnes basculent du statut de propriétaire ou locataire à celui de pensionnaire. Cette question concerne l'économie sociale et solidaire.
Si les gens étaient propriétaire de leur logement en maison de retraite et coopérateur pour la gestion de l'établissement, ils se sentiraient plus chez eux (et feraient du maintien à domicile en maison de retraite). J'ai la conviction, et il s'agit de l'un des mes objets de recherche, que l'économie sociale peut modifier très largement le rapport que les personnes vieillissantes entretiennent avec le service ou l'établissement.
Quelle est votre conception de l'ESS ?
L'agence à vocation à accueillir différentes conceptions, le débat est ouvert.
Les organisations de l'économie sociale et solidaire se fondent sur des statuts (associations, coopératives, mutuelles), qui permettent le maintien de valeurs démocratiques, et sur la mise en oeuvre de pratiques solidaires.
De mon point de vue, une idée centrale de l'économie sociale est la définition du lieu d'exercice du pouvoir avec la valeur centrale « une personne = une voix ». C'est-à-dire que l'objet produit par l'entreprise dépend du décideur suivant qu'il tient sa légitimité du suffrage censitaire et ou de personnes comme lui qui attendent un bien ou un service. On ne peut pas dissocier le bien ou le service produit, de la manière dont il est produit.
Si vous aviez à choisir une illustration de l'ESS, quelle serait-elle ?
En 1990, sur l'ensemble d'une commune de la rive gauche de Rouen, un service de téléalarme, non pas une centrale d'écoute, mais un système qui relie les gens entre eux en partant du principe qu'ils n'auraient pas tous en même temps un problème de santé.
Vous avez été Président de l'A.D.R.ESS ?
Dans les ateliers du Conseil régional qui ont aboutit à la création de l'A.D.R.ESS, j'avais exprimé l'idée que l'agence devait d'abord être le fait des entreprises de l'économie sociale. Jai été sollicité pour en assurer la Présidence. Cette expérience est enthousiasmante.
L'université, que je représente au sein de l'agence, n'est pas une entreprise de l'économie sociale pour autant elle a une fonction qui s'inspire très largement de la volonté démocratique. Les présidents , professeur, directeur de composante, chef de département ont des mandats limités dans le temps et non renouvelable. Tous les acteurs de l'université participent au conseil de gestion ( étudiants y compris bien sûre).
Perspective pour l'A.D.R.ESS
Le développement de l'accompagnement porteurs de projets solidaires, via la coordination des PEPS et la mise en place d'une structutre d'accompagnement solidaire.
Une publication conseillée
Vieillissement et parcours de fins de carrière : contraintes et stratégies, éditions Erès, D.Réguer
Je ne veux pas faire de pub sur mon dernier bouquin, mais les thèmes abordés concerne les politiques qui prônent les travailleurs vieillissants et interdisent l'accès à une retraite avant un certain âge. Cette contradiction n'existerait pas si elles étaient gérées au sein de l'entreprise conjointement, producteur, consommateur, etc.
Un site internet conseillé
Le site de l'agence.